Les nudités contemporaines

Dans plusieurs pays d’Europe, en France notamment, se dénuder dans l’espace public reste un geste transgressif, assimilé à de « l’exhibition sexuelle » et puni par la loi. Certains naturistes militent pour un droit à vivre nu partout, tout le temps : en ville ou à la campagne, en randonnée, à vélo, pour faire la fête ou visiter des lieux culturels. Le militantisme naturiste fait bien sûr écho aux combats contemporains pour l’écologie et la défense du vivant, mais aussi à ceux qui utilisent le corps comme enjeu politique. Alors que les images naturistes, jusqu’aux années 2000, nous ont montré des corps très normés, le discours officiel des fédérations est aujourd’hui devenu inclusif, anti « body-shaming », anti-raciste, anti-sexiste, anti-validiste. 

La nudité est aussi un outil de revendication, employé par des activiste qui ne sont pas naturistes, mais se déshabillent dans la rue pour manifester leur liberté personnelles, pour lutter contre la guerre, contre le sexisme et les violences faites aux femmes, contre l’exploitation des humains, des animaux et de la planète.

G Verne, buste de Marianne

John De Andrea (1941-) Adam & Eve Pionnier de la sculture hyperréaliste, John De Andrea expose dès le début des années 1970 ses oeuvres crées d'après des moulages en prise directe sur des corps vivants. Il réalise des tirages en bronze à échelle 1, qui sont ensuite peints à l'huile. Il cherche à être au plus près du réel, à provoquer le doute sur ce que nous contemplons. Ces Adam & Eve font bien sûr écho au rêve du paradis perdu des premiers naturistes. Mais ils nous confrontent surtout à notre rapport à la nudité : gênante car troublante, ou évidente car naturelle ? 2021, bronze polychrome

Hubert Prolongeau "L'Ultime bataille des nus propriétaires", 28 septembre 2022, Le Monde

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