Naturisme et anarchisme

L’anarchisme a été un des courants de pensées fondateurs du naturisme dont le plus célèbre fut le géographe de génie Élisée Reclus. Malheureusement, on en parle trop peu dans les revues dédiés à notre philosophie. 

Les naturiens libertaires autour d’Emile Gravelle et d’Henri Zisly évoquaient la Naturie, pays mystique, où ne régnerait pas « l’inepte, ignoble, immonde civilisation ». Les vêtements étriqués disparaitraient, « quand cela est possible, pour étaler une nudité plus belle et plus virile ».

Le naturien Eugène Dufour partit en 1902 en Nouvelle-Calédonie, puis à Tahiti, pour fonder la colonie Natura, là où vivait déjà l’homme nature américain Ernest Darling avec son pavillon rouge, symbole du socialisme.

Un autre naturien : L’homme nature (Naturmensch) : Ludwig Kochner

L’Autrichien Gustav Nagel (1874-1952) se déplaçait pieds nus. Végétarien, il proclamait les vertus du céleri. Il vécut dans des grottes puis sillonna l’Europe, visita Jérusalem pour se fixer au bord du lac d’Arendsee (Altmark, Saxe) où il édifia un temple.

Communautés libertaires en France : Milieu libre de Vaux, colonie naturiste de Basson dirigée par Georges Butaud, communauté de Bois-Fourgon.

Sources : "Le naturisme illustré", Thierry Charbonnet, 2017

Monte Verità : En 1900, le Hollandais Heinrich Oedenkove et sa compagne pianiste Ida Hoffman investirent un lieu reculé au bord du lac Majeur, près d’Ascona. A l’aise financièrement, ils y firent bâtir une maison centrale et onze « cabanes de lumière » confortables pour les amis invités, un solarium, des bains et des douches en plein air. Monte Verità devint ainsi l’un des premiers sites naturistes. Méva, alias Joseph Salomonson, autre apôtre hollandais de la vie naturelle et adepte de régimes extrêmes, prétendait pouvoir vivre jusqu’à 250 ans.

Une partie des adeptes de Monte Vérità s’étaient rencontrés à l’hôtel Luisenbad à Velde lors des cures organisées par le thérapeute suisse Arnold Rikli. 

Le 27 juillet 1907, un reportage de Jules Chancel dans l’Illustration décrivait sur deux pages Monte Vérità, où « une peuplade blanche naturiste préfère se vêtir le moins possible ». Ces hygiénistes stigmatisaient le corset mais « se défendent d’être des philosophes ». La nudité ne semblait pas mixte. La vision d’un enfant cherchant le soleil clôt un article bienveillant. Dès 1913, le chorégraphe Rudolf Laban organisa l’été une école de danse où l’on travaillait sur l’expression corporelle. La petite troupe, où débutait Mary Wigman, s’exerçait en plein air, sans musique et souvent sans vêtements. Cette expression libre par la danse, l’eurythmie, correspondait tout à fait aux idées naturistes. En 1914, Monte Verità était un refuge pour certains pacifistes. En 1930, les propriétaires vendirent et partirent au Brésil. Fin de l’utopie communautaire.

D’autres archives bientôt disponibles. 

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